Marketing et vente · Guide
Marketing stratégique : analyser son marché et choisir sa position
Le marketing stratégique fixe la direction de l’entreprise sur le long terme. Voici sa démarche et ce qui le distingue du marketing opérationnel.

Le plan de lecture
- Une définition à retenir
- Ciblage et positionnement : deux choix qui engagent l’entreprise
- Fixer des objectifs mesurables
- Le quoi et le comment : marketing stratégique et opérationnel
- Réviser sa stratégie dans le temps
- Le cycle de vente, un point de contact concret
- Protéger sa position face aux concurrents
- Les questions des lecteurs du Mag
- Nos lectures de référence
La réponse, sans détour
Le marketing stratégique est la démarche qui décide où et comment l’entreprise doit se positionner sur son marché. Il part d’une analyse du marché, découpe la clientèle en segments, choisit les segments à cibler et définit une position claire face aux concurrents. Ses conséquences se mesurent sur 3 à 5 ans, minimum.
Une définition à retenir
Le marketing stratégique désigne l’ensemble des choix qui orientent l’entreprise sur son marché : quels clients viser, quelle valeur leur apporter, quelle place occuper face aux concurrents. Il s’appuie sur une analyse du marché et s’inscrit dans la stratégie commerciale globale de la société.
Il ne se limite pas à une suite de décisions isolées. Il lie la politique produit, la politique de prix, la politique de communication et la politique de distribution, ce que l’on appelle le mix marketing. Ces quatre leviers doivent rester cohérents entre eux, sans quoi l’offre paraît floue au client.
Le diagnostic qui précède les choix
La démarche commence par un diagnostic, interne et externe. Il faut mesurer la taille du marché, son potentiel de développement et les facteurs qui pèsent sur la demande : saisonnalité, habitudes d’achat, pouvoir d’achat, évolutions technologiques. La méthode PESTEL aide à passer en revue les facteurs politiques, économiques, sociétaux, technologiques, environnementaux et légaux susceptibles d’influencer l’activité.
Vient ensuite l’étude des concurrents : qui est présent, quelles sont leurs forces et leurs faiblesses, comment ils fixent leurs prix, par quels canaux ils vendent et comment ils communiquent. Ce travail fait apparaître les espaces encore peu occupés, et les points où l’entreprise peut se distinguer sans affronter tout le monde de front.
La segmentation de la clientèle
Le diagnostic conduit à la segmentation. Il s’agit de découper le marché en groupes homogènes de clients, qui partagent des attentes, des problématiques ou des comportements d’achat proches. Pour les entreprises qui vendent à d’autres entreprises (B to B), les critères économiques sont l’activité, la taille, le chiffre d’affaires et l’organisation, complétés par des critères de positionnement comme l’éthique, les valeurs ou la politique commerciale.
Un segment n’est pertinent que s’il remplit trois conditions. Il est spécifique : ses comportements sont homogènes et distincts des autres segments. Il est accessible : on peut l’atteindre avec des actions marketing. Il est attractif : sa taille et son intérêt économique sont réels pour l’entreprise.
Ciblage et positionnement : deux choix qui engagent l’entreprise
Le ciblage consiste à retenir, parmi les segments identifiés, ceux qui méritent l’effort. On évalue l’intérêt de chacun au regard des objectifs commerciaux, on décide de cibler ou non, puis on classe les segments retenus par ordre de priorité. Le résultat peut être un seul segment, ou plusieurs segments qui demandent chacun une communication adaptée.
Cibler n’empêche pas de se faire connaître largement. Cibler revient à savoir à qui l’on parle. Vouloir s’adresser à tout le monde conduit au contraire à ne parler à personne.
Le positionnement traduit la place que l’entreprise veut occuper dans l’esprit de ses clients, en comparaison avec ses concurrents. Il commence par l’avantage concurrentiel : un savoir-faire particulier, une expérience client différente, un engagement environnemental fort ou une technologie propre. La présence de concurrents n’est pas un frein, elle indique qu’un marché existe. L’enjeu est d’être préféré, et cela suppose de faire des choix.
Pour formuler le positionnement, on peut s’appuyer sur la phrase suivante : « Je propose [offre] à [cible] pour [bénéfice différenciant]. » Prenons un exemple fictif : une PME de maintenance de bâtiments tertiaires segmente ses clients B to B par taille et par activité. Elle retient les gestionnaires de sites de bureaux de taille moyenne. Son positionnement pourrait être : « Je propose un contrat de maintenance à réponse rapide aux gestionnaires de bureaux de taille moyenne, pour limiter les arrêts d’activité de leurs équipes. »
Fixer des objectifs mesurables
Une stratégie se juge à ses résultats. Les objectifs commerciaux peuvent porter sur un chiffre d’affaires, un volume de ventes, une part de marché ou une notoriété à développer. Ils gagnent à être précis : chaque objectif reçoit une valeur numérique et une échéance, ce qui donne à l’équipe un repère pour suivre la progression et ajuster la démarche sans attendre la fin de l’exercice.
Les objectifs doivent aussi rester réalistes. Un objectif trop ambitieux décourage les équipes, un objectif trop modeste ne sert pas à piloter. Il faut donc partir des résultats de l’analyse du marché et du diagnostic interne, pas d’un souhait général.
Le quoi et le comment : marketing stratégique et opérationnel
Le marketing stratégique définit le quoi et la direction. Le marketing opérationnel, parfois appelé marketing tactique, définit le comment. Il traduit la stratégie en actions concrètes à court et moyen terme, avec un rétroplanning et des résultats attendus rapidement.
Les deux sont liés. Sans stratégie, les actions manquent de cohérence. Sans exécution, la stratégie reste sur le papier. Pour le détail de la mise en œuvre, voir notre page sur le plan d’actions commerciales, qui montre comment transformer les objectifs en actions planifiées.
Réviser sa stratégie dans le temps
Un ciblage n’est jamais définitif. Les données d’usage, surtout en ligne, permettent d’ajuster les segments en continu, par essais et observations. Les choix doivent rester cohérents avec le positionnement et avec les ressources disponibles. Une bonne stratégie ne cherche pas à tout faire : elle cherche à mieux faire ce qui compte le plus. Les axes retenus se hiérarchisent, car tous ne peuvent pas être prioritaires en même temps.
Un positionnement vaut aussi par la cohérence de ses quatre leviers. Une offre haut de gamme vendue avec des prix bas, ou présentée par une communication grand public, brouille le message. Chaque décision du mix doit donc être relue au regard de la place choisie.
Le cycle de vente, un point de contact concret
Une fois le ciblage arrêté, il faut savoir comment la cible décide de faire affaire avec l’entreprise. Notre page sur le cycle de vente détaille les étapes qui conduisent un prospect jusqu’à la signature. Les erreurs de ciblage se repèrent souvent à ce stade, quand les prospects ne répondent pas au message ou sortent du parcours au même endroit.
Protéger sa position face aux concurrents
Un positionnement bien construit attire aussi l’attention des concurrents, qui peuvent chercher à copier une offre ou à dénigrer une marque. Il est utile de connaître les règles qui encadrent ces pratiques. Notre page sur les règles de la concurrence déloyale présente les situations concernées et les recours possibles. Pour un cas précis, l’avocat de l’entreprise reste la personne à consulter.